Si vous vous intéressez à la personnalisation d’objets ou de vêtements, vous avez forcément entendu parler du DTF et du DTF UV. Derrière ces acronymes se cachent deux technologies qui ont totalement bouleversé le marché en éliminant les limites de la sublimation. Explications.
- Le DTF (Direct To Film) : Le roi du textile
Le DTF est une technique d’impression numérique dédiée principalement au textile. Contrairement à la sublimation, elle fonctionne sur tous les tissus (100% coton, polyester, nylon, cuir) et sur toutes les couleurs (même le noir !).
Comment ça marche ?
- L’imprimante dépose des encres (CMJN + une base de blanc) sur un film transparent en PET.
- On applique une poudre adhésive thermofusible sur l’encre encore humide.
- Le film passe dans un four pour cuire la poudre et la transformer en colle.
- Il ne reste plus qu’à presser le film sur le vêtement à l’aide d’une presse à chaud classique, puis à peler le film. Le motif est transféré.
- Le DTF UV : Le sticker ultra-résistant pour objets solides
Le DTF UV applique le même principe que le DTF textile, mais pour les objets rigides (verre, bois, métal, plastique, acrylique). Il élimine le besoin d’une presse à chaud.
Comment ça marche ?
- Une imprimante UV imprime le visuel sur un film adhésif (Film A) avec des encres polymérisées instantanément sous des lampes UV. Elle ajoute une couche de vernis pour le relief et la protection.
- Une lamineuse vient coller un film de transfert (Film B) par-dessus.
- Vous découpez votre motif, vous décollez le film A, et vous appliquez le motif sur votre objet à la main, comme une décalcomanie ou un sticker haut de gamme. On pèle le film B, et le motif reste incrusté. C’est idéal pour les surfaces courbes !
Le Matériel : Les marques historiques et les nouveaux géants du bureau
Ces technologies demandent un investissement initial plus conséquent que la sublimation, notamment pour gérer l’encre blanche (qui nécessite un système de circulation pour éviter de boucher les têtes). Cependant, le marché s’est récemment démocratisé avec l’arrivée de marques issues de l’impression 3D et du DIY, proposant des formats « desktop » (bureau) très performants.
Pour le DTF Textile
Pour débuter à petite échelle, on trouve des imprimantes artisanales basées sur des modèles Epson modifiés. Pour une production fiable, on passe sur des stations industrielles (avec imprimante et four à poudre automatisé en ligne).
- Marques de référence : Oric, Prestige (par DTF Station), Audley, Epson (avec la récente SureColor F1000).
- Budget :
- Entrée de gamme / Modèles modifiés (Format A3) : 2 000 € à 4 500 €
- Station pro complète (Largeur 60cm avec four automatique) : 7 000 € à 15 000 €
À côté des stations industrielles (Oric, Prestige par DTF Station), de nouvelles marques proposent des machines compactes prêtes à l’emploi (clé en main), idéales pour débuter chez soi sans bidouiller une imprimante classique :
- Procolored : C’est devenue l’une des marques incontournables pour les petits ateliers. Leurs modèles comme la série F13 ou la toute nouvelle K13 intègrent des systèmes de circulation d’encre blanche brevetés. Ils proposent des packs complets (imprimante + four à poudre compact) très fiables.
- Budget :
- Modèles compacts / Starter Packs (Procolored, machines A3/A4) : 2 000 € à 4 500 €
- Stations industrielles avec lignes de séchage automatiques : 7 000 € à 15 000 €
Pour le DTF UV
Le DTF UV nécessite une imprimante à plat UV équipée d’une option d’enroulement ou d’un système de lamination intégré.
- Marques de référence : Roland DG, Mimaki, Mutoh, ou des marques spécialisées comme Apache ou DTF Station.
- Budget :
- Petites machines de bureau (Format A3) : 4 000 € à 7 000 €
- Machines industrielles ou de marques historiques : 12 000 € à plus de 25 000 €
C’est ici que la révolution récente est la plus flagrante. Traditionnellement réservé aux professionnels dotés de gros budgets (Roland DG, Mimaki), le DTF UV s’installe désormais sur les bureaux des artisans grâce à deux constructeurs très innovants :
- Longer (avec la Longer ePrint) : Un énorme coup de projecteur sur le marché ! Longer a lancé la ePrint, présentée comme la première imprimante UV personnelle à double tête d’impression. Son système de cartouches ouvert permet d’imprimer directement sur l’objet ou de basculer sur un mode de production de films de transfert DTF UV avec une grande précision.
- eufyMake (avec la eufyMake E1) : Propulsée par le géant de la tech Anker, cette machine se positionne comme une imprimante UV de bureau ultra-accessible. Elle permet de créer des textures en relief 3D (technologie Amass3D) et gère nativement le flux d’impression pour le DTF UV (films A et B). Elle démocratise complètement la création de stickers UV professionnels.
- Budget :
- Nouvelle génération de machines UV de bureau (Longer, eufyMake, Procolored VF13) : 2 500 € à 5 500 €
- Machines industrielles ou grands formats historiques : 12 000 € à plus de 25 000 €

